Portrait par Marion Roucheux sur Terrafemina.com

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Portrait par Marion Roucheux sur Terrafemina.com 200 200 Virginie DUBY-MULLER

Virginie Duby-Muller : 32 ans, premiers pas Ă  l’AssemblĂ©e nationale

Par Marion ROUCHEUX
Trentenaires, militantes de la premiĂšre heure, souvent mamans : tel est le profil de la nouvelle gĂ©nĂ©ration de dĂ©putĂ©es qui ont fait pour la premiĂšre fois leur entrĂ©e Ă  l’AssemblĂ©e nationale en juin dernier. Femmes vouĂ©es Ă  la politique, elles n’ont pas peur de marcher dans les pas de leurs illustres aĂźnĂ©s et rares aĂźnĂ©es. Conscientes d’ĂȘtre le symbole d’une nouvelle vague fĂ©minine dans l’HĂ©micycle, elles entendent bien dĂ©fendre les valeurs qui les ont motivĂ©es Ă  entrer en politique. Cette semaine, Terrafemina retrace les premiers pas de Virginie Duby-Muller, 32 ans, dĂ©putĂ©e UMP.

Virginie Duby-Muller : 32 ans, premiers pas à l'Assemblée

Elle est entrĂ©e dans le club trĂšs sĂ©lect des plus jeunes dĂ©putĂ©s de l’AssemblĂ©e nationale. À 32 ans, Virginie Duby-Muller entame son premier mandat national en tant qu’élue de la 4e circonscription de Haute-Savoie, aprĂšs une rude campagne Ă©lectorale. Un « marathon » pour cette jeune maman, pourtant dĂ©jĂ  habituĂ©e des luttes politiques. EngagĂ©e jeune, encartĂ©e dĂšs 18 ans au RPR de l’époque, cette femme blonde et dynamique a Ă  cƓur de dĂ©fendre les valeurs qui lui parlent comme le triptyque « travail, mĂ©rite, libertĂ© ». MarquĂ©e par la dĂ©faite de Nicolas Sarkozy en mai dernier, elle est nĂ©anmoins « fiĂšre » d’intĂ©grer la nouvelle opposition parlementaire et de figurer parmi les 155 femmes dĂ©putĂ©es de la nouvelle AssemblĂ©e (sur un total de 577 membres). « Être dans l’opposition pour un premier mandat, cela ajoute du challenge », sourit-elle.

L’engagement, une histoire de femmes

Son engagement, elle dit le tenir des femmes de sa famille : « Ma grand-mĂšre Ă©tait conseillĂšre municipale dans ma commune et sage-femme, une femme de caractĂšre. Ma mĂšre Ă©tait Ă©galement trĂšs engagĂ©e dans son travail. J’ai toujours eu pour modĂšle des femmes actives, qui m’ont poussĂ©e dans mes Ă©tudes et incitĂ©e Ă  ĂȘtre indĂ©pendante », confie-t-elle. Elle fera donc ses Ă©tudes Ă  Sciences-po Grenoble, avant de dĂ©crocher un DESS d’économiste d’entreprise. AprĂšs une expĂ©rience comme collaboratrice parlementaire Ă  l’AssemblĂ©e, Claude Birraux, dĂ©putĂ© de la 4e circonscription, la prend sous son aile. Elle travaillera 5 ans Ă  ses cĂŽtĂ©s, avant de devenir sa supplĂ©ante en 2008 lorsqu’il est Ă©lu au Conseil gĂ©nĂ©ral. Puis en 2009, elle se prĂ©sente aux Ă©lections rĂ©gionales, oĂč elle Ă©choue.

« En tant que jeune, en tant que femme, vos adversaires ne vous épargnent pas »

Arrive alors la campagne de 2012 : son mentor lui passe le relais, assurant « le renouvellement avec un vrai changement de gĂ©nĂ©ration et la paritĂ© ». S’engage une campagne qui « n’est pas de tout repos ». « Pour la premiĂšre fois, je menais une campagne en mon nom », se souvient-elle. Visites de terrain, porte-Ă -porte, rĂ©unions publiques, marchĂ©s : elle enchaĂźne pendant plusieurs mois les passages obligĂ©s de tout marathon lĂ©gislatif. « C’était une Ă©preuve de longue durĂ©e tant d’un point de vue physique que psychologique, de six heures Ă  minuit tous les jours », raconte-t-elle. D’autant plus « qu’en tant que jeune, en tant que femme, vos adversaires ne vous Ă©pargnent pas. J’ai eu des attaques personnelles assez dures, du fait notamment que je sois une jeune maman. « Elle prĂ©fĂšre sa carriĂšre Ă  son rĂŽle de mĂšre », ai-je pu entendre. Le genre d’attaque que l’on n’aurait jamais fait Ă  un homme ». Virginie Duby-Muller ne se laisse pas dĂ©monter et malgrĂ© la vague rose qui parcourt la France lors de ces Ă©lections, elle est Ă©lue avec 55,50% des suffrages. Les rĂ©sultats tombent le dimanche soir, elle doit ĂȘtre Ă  Paris dĂšs le lendemain. « À peine le temps de savourer la victoire qu’on est dĂ©jĂ  dans la course du mandat », sourit l’élue.

« Beaucoup d’émotion et de fiertĂ© »

La rentrĂ©e des classes officielle des dĂ©putĂ©s a lieu le mardi 19 juin : « On m’a remis ma mallette parlementaire, puis je me suis inscrite au groupe et ai enchaĂźnĂ© sur toutes les dĂ©marches administratives ». Sa premiĂšre entrĂ©e dans l’HĂ©micycle ? « J’ai ressenti beaucoup d’émotion et de fiertĂ©. C’est trĂšs impressionnant : on pense aux personnalitĂ©s historiques qui ont siĂ©gĂ© avant vous dans ce lieu chargĂ© d’histoire », raconte-t-elle. D’autant plus que Virginie Duby-Muller a droit Ă  un traitement d’exception : comme les 5 autres dĂ©putĂ©s les plus jeunes de l’AssemblĂ©e, elle parcourt le trajet depuis l’hĂŽtel de Lassay jusqu’au Palais Bourbon entourĂ©e par la garde rĂ©publicaine et guidĂ©e par le doyen de l’AssemblĂ©e. Accueillie par les « anciens », elle a tout de suite apprĂ©ciĂ© « l’esprit de famille » qui rĂšgne sur les bancs de l’AssemblĂ©e, cĂŽtĂ© UMP. Entre dĂ©putĂ©s, c’est la rĂšgle, on se tutoie. « Cela a Ă©tĂ© difficile au dĂ©but, surtout face Ă  d’anciens ministres voire Premier ministre ! ». Quant aux femmes, elles ont rĂ©servĂ© aux nouvelles arrivantes un accueil particuliĂšrement chaleureux, « ravies de voir la relĂšve arriver ».

Une nourrice et un mari sympa


Depuis, l’emploi du temps de la primo-dĂ©putĂ©e s’est organisĂ©. « Je me suis imposĂ© d’ĂȘtre Ă  Paris les mardi et mercredi de façon incompressible. Le reste de la semaine je rencontre les gens qui le souhaitent Ă  mon bureau parlementaire Ă  Paris ou Ă  ma permanence Ă  Annemasse, travaille sur les dossiers en cours, participe aux diffĂ©rentes manifestations, inaugurations
 », Ă©numĂšre-t-elle. Certains rendez-vous sont immuables : « chaque mardi j’assiste Ă  la rĂ©union de groupe de 11h15 prĂ©sidĂ©e par Christian Jacob. Nous y faisons le point Ă  la fois sur les textes en cours, les questions qui vont ĂȘtre posĂ©es au gouvernement, l’actualitĂ© en gĂ©nĂ©ral
 » Les thĂšmes qu’elle veut dĂ©fendre dans l’hĂ©micycle ? « Les problĂ©matiques frontaliĂšres, la dĂ©fense des classes moyennes, la parité  » : difficile de choisir, mĂȘme si elle est consciente qu’elle ne « peut pas intervenir sur tout ». Pour l’heure, elle a Ă©tĂ© dĂ©signĂ©e sur une mission d’information dans la commission culture et Ă©ducation pour se « pencher sur la question de l’emploi dans les mĂ©tiers de la culture ». Mais sa prioritĂ© est de s’investir dans une « opposition constructive ».

Entre allers-retours Ă  Paris, rĂ©unions tardives, dossiers Ă  potasser dans le train le mercredi soir et son rĂŽle au sein de la dĂ©lĂ©gation Droits des femmes, Virginie Duby-Muller le confesse, il est « difficile de concilier vie professionnelle et familiale ». « L’organisation au quotidien n’est pas Ă©vidente, j’ai la chance heureusement d’avoir une nourrice qui m’aide pour ma petite fille de 8 mois et mon mari qui m’a toujours Ă©paulĂ©e », se rĂ©jouit-elle.

« Faire ses preuves un peu plus »

Et alors que les premiĂšres semaines de la nouvelle AssemblĂ©e ont Ă©tĂ© marquĂ©es par des remarques sexistes Ă  rĂ©pĂ©tition – sur la robe de CĂ©cile Duflot, les chaussures de Rachida Dati ou encore le rĂŽle de « pot de fleur » de Fleur Pellerin – Mme Duby-Muller se veut optimiste. « J’ai l’impression que le fait qu’il y ait de plus en plus de femmes au sein de l’AssemblĂ©e va faire changer les choses », et d’ironiser « il n’y a pas que dans l’HĂ©micycle qu’il y a des remarques machistes, Ă  cet Ă©gard, l’AssemblĂ©e est reprĂ©sentative de la France »  Les mentalitĂ©s Ă©voluent, petit Ă  petit, mais l’élue admet qu’en tant que femme, on doit encore « faire ses preuves un peu plus ». Ce qui ne l’empĂȘche pas de balayer du revers de la main ceux qui l’attendent au tournant : « Je suis une femme certes, mais je ne veux pas ĂȘtre un alibi Ă  la paritĂ©. Ce que je revendiquais avant tout durant ma campagne c’étaient mes connaissances, mes compĂ©tences, mon expĂ©rience ». Et elle entend bien se faire sa place en tant que telle.

Le site de Virginie Duby-Muller

Crédit photo : Marion Roucheux

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