La session extraordinaire parlementaire a Ă©tĂ© extrĂȘmement dĂ©cevante aussi bien sur le fond – avec une absence de textes ambitieux- que sur la forme avec des mĂ©thodes inacceptables Ă lâencontre de lâopposition.
1/ Le dĂ©calage dâambition entre les textes prĂ©sentĂ©s par la nouvelle majoritĂ© avec les textes que nous avions votĂ©s en 2007 est criant.
La premiĂšre session parlementaire de lâancienne majoritĂ© avait Ă©tĂ© marquĂ©e par un mois de rĂ©formes de grande ampleur qui ont marquĂ© par la suite le quinquennat de Nicolas Sarkozy. LâĂ©lan rĂ©formateur quâavait donnĂ© lâĂ©lection de Nicolas Sarkozy sâĂ©tait clairement concrĂ©tisĂ© pendant 6 semaines de dĂ©bats parlementaires.
Il y a 5 ans, Ă la mĂȘme pĂ©riode, quatre textes majeurs avaient Ă©tĂ© adoptĂ©s ou Ă©taient en passe de lâĂȘtre :
- La loi relative au travail, Ă lâemploi et au pouvoir dâachat (avec notamment la dĂ©fiscalisation des heures supplĂ©mentaires en point dâorgue ou la crĂ©ation du RSA)
- La loi renforçant la lutte contre la récidive des majeurs et des mineurs (avec les peines-plancher)
- La loi sur le dialogue social et la continuité du service public dans les transports terrestres réguliers de voyageurs (service minimum)
- La loi relative aux libertés et aux responsabilités des universités (autonomie des universités).
Face Ă cela, la session extraordinaire de 2012 est loin dâĂȘtre Ă la hauteur des enjeux comme le rĂ©vĂšlent les 2 textes pour lâinstant adoptĂ©s ou en cours dâadoption :
- La loi des finances rectificative nâa fait que montrer lâantisarkozysme de la majoritĂ© qui sâest amusĂ©e Ă dĂ©tricoter des mesures phares de la prĂ©cĂ©dente majoritĂ© au risque de pĂ©naliser lâemploi et le pouvoir dâachat des Français. La taxation des heures supplĂ©mentaires dâabord va pĂ©naliser 8 millions de Français qui bĂ©nĂ©ficiaient d’environ 500 euros de plus par an. La suppression de la fiscalitĂ© anti-dĂ©localisation est aussi un grave coup portĂ© Ă notre compĂ©titivitĂ© et par consĂ©quent Ă lâemploi
- La loi sur le harcĂšlement sexuel est une loi que nous voterons, câest Ă©vident.
Rien sur lâemploi, rien sur la compĂ©titivitĂ©, rien sur la dette. Aucune rĂ©forme de structure.La gauche donne le sentiment de ne pas avoir pris la mesure de la crise que nous vivons
2/ LâagressivitĂ© avec laquelle la gauche se comporte depuis sa victoire est dĂ©placĂ©e.
La succession de manquements aux rĂšgles essentielles de respect de lâopposition rĂ©vĂšle un vrai dĂ©ni de dĂ©mocratie. Il nâest pas acceptable que lâopposition soit traitĂ©e avec arrogance et privĂ©e de ses droits les plus lĂ©gitimes !
- Cela a dĂ©butĂ© avec  Marisol Touraine qui, le 5 juin, nâa pas voulu venir sâexpliquer sur le dĂ©cret sur les retraites devant la commission des affaires sociales de lâAssemblĂ©e. Jamais dans la VĂšme RĂ©publique le Parlement nâavait reçu un tel rejet de la part dâun Ministre.
- Câest ensuite la majoritĂ© qui a refusĂ©, dĂ©but juillet, une sĂ©ance de questions au gouvernement. Cela va Ă lâencontre de l’article 48 de la Constitution qui stipule quâ« une sĂ©ance par semaine au moins, y compris pendant les sessions extraordinaires prĂ©vues Ă lâarticle 29, est rĂ©servĂ©e par prioritĂ© aux questions des membres du Parlement et aux rĂ©ponses du Gouvernement ». DĂ©nier Ă lâopposition son droit le plus lĂ©gitime de poser des questions au gouvernement est non seulement totalement inĂ©dit mais surtout totalement contraire Ă la Constitution !
- Câest encore lâutilisation de lâarticle 57 du rĂšglement de lâAssemblĂ©e Nationale lors du dĂ©bat sur lâabrogation de la fiscalitĂ© anti-dĂ©localisation qui a permis Ă la majoritĂ©, parce quâau moins deux de nos orateurs Ă©taient dĂ©jĂ intervenus dans la discussion, de clĂŽturer de façon immĂ©diate de cette phase de dĂ©bat, mĂȘme si deux de nos dĂ©putĂ©s Ă©taient encore censĂ©s sâexprimer. Câest la premiĂšre fois quâil a Ă©tĂ© fait appel Ă cet article dans le cadre dâune discussion sur une loi de finance.
- Enfin, il y a eu une multiplication de dĂ©rapages verbaux de la majoritĂ© envers lâopposition. Comme M. Moscovici qui a exigĂ© que lâopposition « se taise » (RFI le 1er juillet), cet Ă©tat dâesprit se retrouve dans les dĂ©bats au Parlement oĂč la majoritĂ© prĂ©fĂšre insulter les dĂ©putĂ©s de lâopposition plutĂŽt que de dĂ©fendre ses projets. La gauche agit comme si lâopposition nâavait pas le droit de parler. Mais quâelle le veuille ou non, des millions de Français ont votĂ© pour Nicolas Sarkozy et pour lâUMP aux lĂ©gislatives.
Ces Français ont le droit dâĂȘtre reprĂ©sentĂ©s et leur voix doit ĂȘtre entendue !
3/ Nous avons réussi à installer une opposition vigilante et sans concessions et avons déjà forcé la majorité à des reculs importants.
- Le recul du gouvernement sur le rĂ©cĂ©pissĂ© pour les contrĂŽles dâidentitĂ©. CâĂ©tait une promesse de campagne de François Hollande qui a Ă©tĂ© abandonnĂ©e sous la double pression de lâopposition et des syndicats de policiers.
- Le recul du gouvernement sur la rĂ©troactivitĂ© de la taxation des heures supplĂ©mentaires. La gauche sâapprĂȘtait Ă taxer lâensemble des heures supplĂ©mentaires rĂ©alisĂ©es depuis le 1er janvier 2012. Ce qui Ă©tait particuliĂšrement injuste et dĂ©loyal. GrĂące Ă notre mobilisation la rĂ©troactivitĂ© a Ă©tĂ© aussi abandonnĂ©e.
Nous avons aussi poussĂ© la gauche dans ses retranchements sur la question de la rĂšgle dâor, de la compĂ©titivitĂ©, du matraquage fiscal des classes moyennes. Nous nous Ă©tions fixĂ©s comme objectif prioritaire dâinstaller une opposition combative et vigilante, câest chose faite. La gauche a beau dĂ©tenir tous les pouvoirs, nous ne la laisserons pas mener dans lâindiffĂ©rence sa politique nĂ©faste pour la France et les Français.
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