Monsieur le Premier Ministre,
6 lettres magiques, T-P-E- P-M-E. Elles reprĂ©sentent en France plus de 9 entreprises sur 10 et 7 millions dâemplois. Vous en parlez tous les jours, mais visiblement vous ne les comprenez toujours pas.
Dans votre loi Travail, nous espĂ©rions des mesures fortes favorisant lâĂ©cosystĂšme des PME. Nous rĂȘvions de pragmatisme Ă©conomique, pour un retour durable de lâemploi. Votre premiĂšre mouture prĂ©sentait dâailleurs plusieurs avancĂ©es positives, et je faisais partie des 17 dĂ©putĂ©s de lâopposition prĂȘts Ă soutenir ce texte.
Dommage : la loi travail est aujourdâhui vidĂ©e de sa substance. Vous avez prĂ©fĂ©rĂ© les manĆuvres politiciennes, les artifices de communication, plutĂŽt que de chercher Ă redonner de la confiance aux chefs dâentreprises, qui sont pourtant les vrais crĂ©ateurs dâactivitĂ©. Au final, loin de toute rĂ©forme, votre texte ne sera ni plus ni moins quâune loi anti TPE-PME, toutes les mesures pro business ayant Ă©tĂ© supprimĂ©es.
âą Le barĂšme devenu indicatif ? Vous le savez, cela revient Ă le supprimer, car le coĂ»t des prudâhommes pour une petite entreprise sâĂ©lĂšve rapidement Ă 30 000 euros – voire plus – mettant sa trĂ©sorerie en pĂ©ril, et les menant bien souvent Ă la faillite.
⹠Les mesures de flexibilité, si nécessaires ? Vous les rayez du texte, et vous renvoyez le forfait jour et la modulation horaire à la négociation syndicale ; ce qui exclue de fait les TPE.
âą Pire, on nous annonce – semble t’il – une augmentation du temps de dĂ©charge syndicale ! Câest une provocation, car vous ajoutez de la lourdeur au systĂšme, avec des syndicats qui fonctionnent aujourdâhui sur un conservatisme assumĂ© !
âą Outre ces rĂ©tropĂ©dalages, vous ajoutez Ă©galement des contraintes et des dĂ©penses nouvelles : câest le cas avec la garantie jeune, qui, si elle est totalement appliquĂ©e, coĂ»tera 4 Ă 5 milliards dâeuros. Comment seront-ils financĂ©s ? Y avez-vous seulement rĂ©flĂ©chi ?
Monsieur le Premier Ministre, cette loi est ainsi un nouvel acte manquĂ©, qui impacte de plein fouet nos TPE-PME françaises. Câest une rĂ©forme Ă lâenvers, qui vient sclĂ©roser, davantage encore, notre tissu Ă©conomique. La situation du chĂŽmage en France est aujourdâhui beaucoup trop grave pour ce recul. Alors que le PrĂ©sident de la RĂ©publique a expliquĂ© que « ça nâest jamais simple de rĂ©former », nous lui rĂ©torquons quâil est encore plus dangereux de ne rien faire.
Je vous remercie.
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