Un diagnostic intéressant mais un remÚde inadapté.
Lors du Conseil des ministres du mercredi 10 dĂ©cembre 2014, Emmanuel MACRON, Ministre de lâĂconomie, de lâIndustrie et du NumĂ©rique a prĂ©sentĂ© son projet de loi pour la Croissance et lâActivitĂ©. Ce texte vise, selon lui, Ă soigner « trois maladies » qui affecteraient la France et empĂȘchent, selon lui, de « libĂ©rer, investir et travailler ».
CensĂ© « libĂ©rer la France de la dĂ©fiance, de la complexitĂ© et du corporatisme », le Projet de loi pour la Croissance et lâActivitĂ© – et lâĂgalitĂ© des chances Ă©conomiques rajoutĂ© depuis – se rĂ©vĂšle finalement peu ambitieux par rapport aux enjeux cruciaux auxquels est confrontĂ©, quotidiennement, notre pays.
« Une loi pour le siÚcle suivant » vraiment ?
Le PrĂ©sident de la RĂ©publique lui-mĂȘme a reconnu le 5 janvier 2015 que ce nâĂ©tait pas « la loi du siĂšcle » et a considĂ©rĂ© « quâune seule loi nâallait pas changer toute lâĂ©conomie française », pour se reprendre ensuite en affirmant quâil sâagissait « dâune loi pour le siĂšcle prochain » ?
Un texte fourre-tout plutÎt ?
Des points positifs pour certains : le travail du dimanche dans les zones touristiques, les simplifications en matiĂšre dâurbanisme, le dĂ©sengorgement du permis de conduire, la mobilitĂ© dans le parc social, lâĂ©pargne salariale, la lutte contre le dĂ©tachement illĂ©gal de travailleursâŠ
Mais aussi la libĂ©ralisation du transport par autocar, la rĂ©forme de la justice prudhommaleâŠ
Ou encore la rĂ©forme des professions rĂ©glementĂ©es, lancĂ©e sans concertation, stigmatisant les professionnels, discutĂ©e sans la prĂ©sence du Garde des Sceaux et gĂ©nĂ©ratrice dâinsĂ©curitĂ© et de dĂ©sert juridiquesâŠ
Tous les sujets – trop nombreux – sont effleurĂ©s alors quâils mĂ©riteraient dâĂȘtre creusĂ©s et que les conditions de rĂ©forme structurelle sont actuellement bonnes avec des taux dâintĂ©rĂȘt proches de zĂ©ro, un prix du pĂ©trole bas et une inflation absente.
Des conditions dâexamen et des reculs inquiĂ©tants en fait ?
PrĂ©sentĂ© le 10 dĂ©cembre en Conseil des Ministres, ce texte a Ă©tĂ© examinĂ© en Commission spĂ©ciale un mois plus tard Ă lâAssemblĂ©e Nationale. AprĂšs deux semaines dâexamen qui lâont fait doubler de volume, il est arrivĂ© en sĂ©ance publique avec :
- 209 articles,
- 3000 amendements,
- « un temps lĂ©gislatif programmé » qui a dĂ©jĂ dĂ» ĂȘtre allongĂ©,
- un vote décalé du 10 au 17 février,
- une « procĂ©dure accĂ©lĂ©rĂ©e » qui fait quâune seule lecture par chambre est prĂ©vue,
- un recours malheureux aux ordonnances habilitant le Gouvernement Ă lĂ©gifĂ©rer en dehors du Parlement…
Une occasion manquée en réalité ?
Au final, j’aurais aimĂ© soutenir Emmanuel MACRON mais sa loi – qui ne satisfait personne – nâest pas le remĂšde miracle Ă nos difficultĂ©s Ă©conomiques.
- Elle ne permet pas de baisser les charges et les contraintes qui pĂšsent sur les entreprises.
- Elle ne permet pas de réduire le coût du travail ou le poids de la dette publique .
- Elle ne permet pas dâattĂ©nuer la pression fiscale qui pĂšse sur les Français.
- Notre Ă©conomie stagne, le chĂŽmage risque encore dâaugmenter de 100 000 personnes en 2015.
Pour toutes ces raisons, j’avais dĂ©cidĂ© de voter contre ce texte avant que le Gouvernement ne dĂ©cide de recourir Ă l’article 49.3. NĂ©anmoins, j’ai signĂ© la motion de censure dĂ©posĂ©e par le Groupe UMP.
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